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Alien Crystal Palace - Film (2019)

Film de Arielle Dombasle Comédie dramatique et musique 1 h 37 min 23 janvier 2019

Un savant fou, imprégné d’ésotérisme, cherche à réformer le couple idéal de la mythologie égyptienne, Isis et Osiris : un homme et une femme qui s’aimeront d’un amour parfait. Il tente, en vérité, de surpasser le modèle des sites de rencontre qui pullulent sur Internet. Mais il ne réussit pas à accomplir son prodige. Et il se condamne à faire disparaître les sujets-objets de ses expériences et à tuer les couples qu’il réunit jusqu’à ce qu’il ait trouvé l’idéal.

Alien Crystal Palace - Film (2019)
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La bande-annonce laissait présager un excellent nanar et ça n'a pas loupé : nous sommes bien face au The Room français !

S'il n'échoue pas exactement de la même manière que le chef d’œuvre de Tommy Wiseau, il se hisse malgré tout au même niveau. Ne vous attendez pas à comprendre quoi que ce soit car ici, le scénario n'est qu'un prétexte à un enchaînement de séquences où la logique n'a pas cours. Pourtant, on sent que le film essaye de nous transmettre un message au détour de nombreux monologues, parfois déclamés, parfois en pensée. Mais dès que Nicolas Ker ouvre la bouche, c'est terminé, son phrasé de rocker ivre et sa voix insupportable rendant toute forme de compréhension impossible. Malgré ça, tous les personnages féminins du film le trouvent irrésistible, c'en est tellement incompréhensible que la phrase "Nicolas, il a une prestance, il a un rire !", déclamée avec un sérieux digne d'une cérémonie officielle a fait éclater de rire une bonne partie de la salle.

Le pire du pire reste le rythme. L'intrigue glisse comme une anguille dans un conduit d'évacuation d'eaux usées et ne s'attarde jamais à construire de nœuds dramatiques. Tout arrive par surprise, si bien que la tension ne monte jamais. Oubliez aussi les transitions subtiles car on passe souvent d'une séquence à la suivante sans aucun avertissement. Exemple mémorable : Nicolas poursuit l'assistante de Dolorès dans les rues de Venise puis se retrouve sans aucune explication dans le palais impérial auprès de Dolorès qui lui demande : "Mais Nicolas, par où êtes-vous entré ?", ce à quoi il répond : "J'en sais rien, je sais même pas où j'suis". Ça c'est de la transition efficace et discrète !

En vrac, on note que Jean-Pierre Léaud disparait sans aucune explication après 30min de film (il était pourtant rigolo avec son masque d’Horus en carton), que tous les personnages portent des Louboutins, que le commissaire adore faire des allers-retours inutiles, qu'Arielle Dombasle et Asia Argento font le ménage dans la salle de bain avant de se tortiller sur un lit vêtues d'un pyjama doré (non, ne demandez pas pourquoi !), et que les personnages sont aussi largués que nous : "Et ces producteurs, qui sont-ils ? On comprend rien !". Nous non plus !

A la différence de The Room, il y a quand même un début de conscience du désastre et une naïveté assumée presque touchante. En témoigne cette mise en abyme où Dolorès constate, un peu déçue, que les costumes de son film font un peu carton : "Bah oui, c'est du carton !". Les acteurs ne peuvent pas sérieusement croire qu'ils participent à un bon film, ils font donc ça avant tout pour s'amuser. D'ailleurs nombre d'entre eux ne sont pas des acteurs (et ça se sent) : Louboutin, Ropac et Mahdavi en tête de liste. Je ne sais pas comment Arielle Dombasle les a convaincus de jouer là-dedans mais c'était très bien joué.

Je pourrais continuer encore et encore tant la liste de petites choses qui clochent est longue mais c'est l'effet de surprise qui fait le charme des nanars alors je vous laisse découvrir tout ça.

Alien Crystal palace se voulait inquiétant, mystérieux, lynchéen, à l'arrivée il est surtout WTF. Un véritable feu d'artifice d'incohérence et de n'importe quoi made in France.