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World of Warcraft : Classic (2019) - Jeu vidéo

Jeu vidéo de Blizzard Entertainment PC et Mac Jeu de rôle et MMO 27 août 2019

WoW Classic est une reconstitution fidèle du World of Warcraft original : les mécaniques de combat, les modèles de personnages originaux et les arbres de compétences vous offriront une expérience authentique.

World of Warcraft : Classic (2019)  - Jeu vidéo
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En un coup d'oeil

Wow Classic, c'est quoi ?

World of Warcraft (que l'on appellera désormais affectueusement WoW comme tout le monde parce que c'est très chiant à écrire ou dire en entier) est un jeu de rôle massivement multijoueur originellement sorti en ... 2004 ! Eh bien oui, cela peut paraître étrange aux yeux des joueuses et des joueurs qui ne sont pas familiers avec la licence voir avec le monde tortueux des MMORPG en général, mais cette version "Classic" de WoW n'a pas d'autres ambitions que de proposer un retour aux sources en terme d'expérience et de sensations. Il y'a bien quelques menues optimisations et ajustements secondaires, de même qu'un lifting graphique notable, toujours est-il que le core-gameplay et toutes les mécaniques originelles sont intentionnellement réhabilités et, surtout, épurés des apports et modifications qui avaient été amenés par les patchs à la pelle et les 7 extensions sorties ces 15 dernières années. On se retrouve ainsi avec une routine de jeu "à l'ancienne", plus crue et plus chronophage, mais aussi et pourquoi pas plus impliquante et méritoire, ce qu'une partie considérable des joueuses et joueurs les plus acharnés réclamaient en effet depuis un sacré bout de temps.

Et du coup, WoW Classic : réponse miséricordieuse aux demandes pressantes des fans, ou opportunisme fainéant d'un Blizzard-Activision s'inscrivant dans la mode facile mais lucrative des remasters à gogo ? Ben c'est un peu plus compliqué que ça.

Les fans de la première heure, ces fieffés coquins

Ce n'est pas un secret, mais il est bon de le rappeler : en parallèle du jeu officiel qui évoluait au gré de ses extensions et de ses mises à jour, il a toujours été possible d'accéder à des serveurs privés de tout poils, proposant un retour à l'époque de telle ou telle extension, voir même carrément de jouer à la version "Vanilla" du jeu (c'est à dire telle quelle à sa sortie), et ce ... gratuitement. Une pratique illégale donc, contre laquelle Blizzard a lutté avec acharnement pendant de nombreuses années, mais qui révèle aussi une forte demande concernant un retour aux sources de la licence : il n'y a qu'à voir l'engouement quasi-instantané suscité par les premières annonces de WoW Classic (à nuancer cependant, puisque le phénomène de "hype" qui enfle mécaniquement avant la sortie d'un jeu bien médiatisé comme il faut est trompeur). On peut ainsi considérer la sortie de WoW Classic comme inévitable pour Blizzard-Activision, tant pour répondre aux attentes de ses fans et faire découvrir cette expérience "Vanilla" à un nouveau public (une expérience qui est indiscutablement fondatrice du genre MMORPG tel qu'on le connait) que pour en finir plus ou moins définitivement avec les serveurs privés.

Le jeu et le business

Je fais pour ma part partie de ces joueurs qui n'avaient pas mis les pattes sur WoW ses premières années et qui l'ont ainsi expérimenté à travers Classic. Quelques mois plus tôt, j'avais créé mon tout premier personnage sur la version "moderne" de WoW et son dernier DLC en date, Battle For Azeroth (que l'on raccourcit tout aussi bien par "BfA"). J'y ai joyeusement passé un peu plus d'une centaine d'heures, assez pour exhumer une rumeur qui vient tempérer les arguments précédents : certains assurent que BfA est l'extension la plus controversée de l'histoire de WoW, vivement critiquée par les joueurs les plus assidus et anciens qui lui reprochent une "casualisation" à l'extrême, le jeu devenant bien moins exigeant et réclamant bien moins d'investissement de la part du joueur pour se dégoter un stuff décent et se hisser vers le contenu réservé aux joueurs de haut niveau. On pourrait tenter de connecter ces observations au fait que le Blizzard d'antan est désormais un Activision-Blizzard qui, comme toute grosse firme, cherche à maximiser ses gains en tordant son MMORPG afin d'attirer un public toujours plus grand. Admettons ! Toujours est-il que la sortie de WoW Classic peut ainsi être perçue comme un atout qu'Activision-Blizzard gardait dans sa manche jusqu'alors, attendant le bon moment pour l'abattre et ainsi récupérer d'une main une grande partie des joueuses et joueurs qui avaient désertés tout en réservant de l'autre le WoW originel à une certaine forme de "casualisation". Cependant et malgré le contexte qui entoure et motive sa sortie, le remaster est là, solidement ancré par une fréquentation assidue et bien parti pour s'étendre sur de nombreuses années, puisque l'on peut s'attendre à ce que les premières extensions de la licence (Burning Crusade et Wrath of the Lich King) ressortent sur cette version.

Wow Classic, c'est comment ?

"Super le contexte, mais le jeu du coup, il est bien ?"

Ben ... Ouais ! Evidemment, on a envie de dire. Avant toute chose et contrairement à ce que certains prétendent, il n'a pas été facile pour les développeur de réhabiliter une version vieille de 15 ans de leur jeu, il a fallu exhumer des bribes de code de la mouture actuelle, recomposer avec, y intégrer de légers changements sans altérer d'un iota l'expérience originelle, en bref ça n'a pas été du tout cuit pour les développeurs. Mais il ne s'agit en effet pas non plus de la sortie d'un tout nouveau jeu en partant de rien. Malgré l'engouement suscité par les premières annonces de Blizzard, certains sourcils avaient de quoi se lever dubitativement. On aurait pu s'attendre à ce que les mécaniques de jeu et l'ensemble du gameplay soient dépassés car bien trop chronophages et éculés : en effet, au fur et à mesure des patchs et des extensions, certains aspects "rebutants" de l'expérience WoW avaient été fluidifiés, garantissant un gain de temps non négligeable. Par exemple, sont apparus de plus nombreux points de transport appelés "fly", qui permettent de louer une monture volante afin de rallier rapidement un endroit donné et préalablement exploré. Les interminables marches à pied et les quêtes "Fedex" où il faut tuer des dizaines et des dizaines de monstres pendant des heures avaient ainsi de quoi faire peur dans notre univers jeu-videoludique actuel où la fluidité d'expérience et l'instantanéité sont de rigueur (parfois même jusqu'à l’écœurement).

Papy pète la forme

En me lançant dans WoW Classic avec un grand copain, je ne m'attendais franchement pas à me prendre à ce point-là au jeu. Après une bonne centaine d'heures (à nouveau) dessus, le constat est sans appel : c'est un tantinet déroutant, mais la formule (vieille de 15 ans donc !) marche encore très bien de nos jours, et ça donne envie de se demander franchement pourquoi, car il y'a là une leçon capitale à en tirer. Les pistes de réflexion et éventuelles réponses à ce questionnement apparaissent à mesure que l'on avance tranquillement, de niveau en niveau. L'expérience WoW forme un tout compact, prenant et étonnamment digeste : on passe quelques heures à quêter dans une zone, une fois l'inventaire bien rempli et l'expérience engrangée on s'en retourne à notre capitale pour faire quelques affaires à l'hôtel des ventes, s'occuper de l'avancement de ses métiers, discuter ça et là avec d'autres joueurs du monde ou de sa propre guilde, puis on s'attelle à la création minutieuse d'un groupe afin de partir en donjon en espérant secrètement looter du tout nouveau stuff. Bien sûr qu'il faudra s'y rendre à pied, bien sûr que l'on pourra se perdre en chemin ou se faire tuer par 2 ou 3 monstres dont on a mal géré l'aggro. Mais redécouvrir WoW Vanilla avec Classic, c'est aussi s'offrir la compréhension de ce qui a rendu légendaire (et c'est pas abusé de le dire) le soft de Blizzard : toutes ces longueurs et ces heures de patience gravitent autour d'un idéal toujours satisfaisant et jamais lassant, à savoir la progression. D'une part celle de votre personnage à travers le leveling et d'autre part la vôtre en tant que joueur, puisque la connaissance du monde et de ses mécaniques ainsi que la bonne maîtrise de sa classe et de son rôle (dps, heal ou tank) sont cruciaux, et ça tombe bien, leur apprentissage se fait naturellement. Cette progression toute faite de concepts abordables et forts (comme justement la trinité des rôles évoqués précédemment) prend place au sein d'un univers prenant qui regorge d'histoires, de personnages mémorables et de lieux colorés et marquants : passé l'acclimatation à l'aspect visuel souvent daté (certaines textures sont en effet tout bonnement dépassées), on se rend compte que 15 plus tôt, le choix d'une direction artistique légèrement fantasque et "cartoon" pour un univers traversé par des enjeux graves et sérieux était particulièrement judicieux, amenant ce qu'il faut d'onirisme et permettant de s'attacher durablement à l'atmosphère.

Pour conclure ...

La création et le succès de World of Warcraft semblent résider en un maître-mot : la cohérence. C'est elle qui permet au jeu Vanilla de fonctionner encore après tout ce temps. En l'absence d'extensions et de leur contenu idoine, ce que propose originellement le jeu gagne en clarté, et un joueur nouveau peut aisément s'approprier l'univers et ses règles, se projeter en somme sur le long terme. Le formidable potentiel créatif et technique des artistes et développeurs responsables de sa réalisation à l'époque y est toujours palpable, c'est indéniable. Le jeu est régulièrement fréquenté et cela semble parti pour durer, surtout si on prend en considération l'opportunité commerciale que Blizzard-Activision s'est offerte en créant durablement deux temporalités distinctes au sein de sa licence. Après tout, et même si ça se discute, il faut bien ruser pour que cette dernière puisse encore perdurer, 15 ans après et dans une industrie jeu-videoludique qui change et évolue sans cesse, probablement même de plus en plus vite.